Le solaire, une filière désormais « compétitive », salue le régulateur

La Commission de régulation de l’énergie pointe la baisse rapide des coûts d’investissement et de fonctionnement ces trois dernières années. Elle trace de nouvelles pistes d’amélioration.

C’est un satisfecit suffisamment rare pour être souligné. Le secteur photovoltaïque français est « une filière compétitive », juge dans une étude la Commission de régulation de l’énergie (CRE). « La filière française a vraiment fait des progrès importants ces dernières années », salue ainsi Dominique Jamme, directeur général des services de la CRE.

Les énergies vertes dans le piège budgétaire

Dans le détail, « le coût des investissements qui représentent 80 % des coûts de production ont baissé de 32 % en trois ans », note le régulateur. Avec des coûts de fonctionnement qui ont eux aussi reculé (-27 % en trois ans), « la filière française est parfaitement compétitive avec celles des pays comparables », et notamment l’Allemagne.

Proche du prix de marché

En retenant les plus grandes fermes au sol et en ne retenant que les 30 % de dossiers les plus compétitifs, les coûts s’élèvent autour de 48 euros par mégawattheure, soit un niveau équivalent au prix de marché actuel de l’électricité – et dix fois inférieur au niveau de subvention de la fin des années 2000.

Ces grandes fermes, autrement dit, pourraient se passer de subventions… si elles étaient sûres que ce prix de marché pouvait persister. Le prix comprend en outre une taxe locale (l’Ifer), qui, assise sur la puissance et non la production, représente 6 euros par mégawattheure pour le solaire, soit environ le double par rapport à l’éolien (plus productif pour une même puissance), pointe le régulateur.

Energie solaire : une « mobilisation » à pas comptés

Notant que « les effets d’échelle sont importants », la CRE recommande « de faciliter l’émergence de projets de plus grande taille que 30 mégawatts, afin d’atteindre des prix encore plus compétitifs et de permettre à certains projets  de ne plus recourir aux mécanismes de soutien public , comme on a commencé à l’observer dans les pays voisins », note ainsi le régulateur.

Bilan carbone des transports

Dans le même temps, il évoque toutefois la possibilité d’allonger de vingt à trente ans la durée du soutien public, ce qui permettrait d’harmoniser les calculs de rentabilité sur la durée de vie complète des projets et donc de réduire in fine le niveau de subvention.

Pour les candidats aux appels d’offres, le régulateur suggère aussi de lancer une réflexion pour intégrer « le bilan carbone des transports » dans la notation environnementale, « dans un contexte où les chaînes d’approvisionnement sont de plus en plus segmentées et globalisées ». De même, avec un foncier qui pourrait se raréfier , le régulateur évoque l’intérêt de distinguer les panneaux solaires offrant les meilleurs rendements.

Véronique Le Billon

SOURCE : https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/le-solaire-une-filiere-desormais-competitive-salue-le-regulateur-996414?fbclid=IwAR3VnyhQc8tMI0nRnMqPnymPQUkprK1jEJ5SOZHUa7ggdYYUMFHWJXWmG8s